Il existe une définition du métier, et les plus grands l'ont formulée mieux que personne.
Tadao Ando : « On ne peut pas simplement poser quelque chose de nouveau sur un lieu. Il faut absorber ce que l'on voit autour de soi, ce qui existe sur la terre ». Zaha Hadid : « L'architecture, c'est vraiment une affaire de bien-être. Les gens veulent se sentir bien dans un espace ». Jacques Herzog, enfin, résumant une pratique entière : « Nous essayons toujours de rendre nos projets uniques, en ce sens qu'ils sont faits spécifiquement pour un lieu donné, un temps donné, un budget donné ».
Écouter le terrain. Concevoir pour le bien-être de ceux qui habiteront. Ne jamais répéter. Voilà le métier, et c'est à cette exigence que nous mesurons chaque projet.
Concevoir ainsi commence toujours par écouter. L'histoire du client, d'abord : ce qu'il vit, ce dont il a besoin, ce qu'il n'a pas encore su formuler. Le terrain, ensuite : sa lumière, sa pente, ses arbres, sa contrainte. De cette écoute naît une vision, et un projet qui n'a jamais existé et n'existera jamais deux fois.
Mon rôle, dans ce travail, n'est pas celui d'un artiste. Il ressemble davantage à celui d'un chef d'orchestre : organiser des besoins autour d'une vision, les accorder à un lieu, et coordonner les équipes techniques qui vont donner corps à l'idée. L'imagination n'est pas là pour s'exposer, elle est là pour pousser le concept plus loin, pour concevoir autrement quand la facilité voudrait qu'on répète.
C'est cette distinction que nous tenons. Il y a la construction, utile, nécessaire, partout. Et il y a l'architecture : celle qui écoute, qui cherche, qui signe une intention. Les deux ne portent pas le même nom, et ne laissent pas la même trace.
Notre travail est de mériter le second.